Human Underwater Society – Categorie Action publique

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Déchiffrages et commentaires d’un état des lieux alarmant sur un sujet sacrifié.

Cette initiative résulte de notre action auprès de Mme Audrey Dufeu en janvier dernier. Cette action s’inscrivait dans la mission que nous menons auprès de nos instances législatives et de notre gouvernement pour leur apporter un éclairage indépendant sur les enjeux de ce champs disciplinaire difficile à appréhender, l’urgence à y consacrer des moyens à leur mesure, et sur les solutions à mettre en oeuvre pour en exploiter le potentiel.

Historique de nos actions

Commentaires de la réponses du gouvernement dans le texte

Développements

En conclusion : facteurs limitants de l’adhésion à la thématique


La teneur de ce que nous apprend le gouvernement confirme si cela était nécéssaire plusieurs points déjà soulevés qu’il semble nécéssaire d’ éclairer à nouveau tant cette thématique est toujours manifestement aussi incomprise et sous-estimée.

  • Il semble que l’on s’obstine à vouloir opposer deux thématiques qui sont complémentaires, le développement de la robotique et l’étude de l’immersion humaine dans le milieu, sans en comprendre le potentiel. Nous tenterons de vous éclairez sur les raisons de cet état des choses
  • L’aveu y est fait que rien n’est à l’oeuvre sur le sujet et que celui-ci mérite par conséquent un effort de communication et d’ information toujours plus important. Un constat sévère qui motive notre action. 
  • Les acteurs du maritime référants en la matière pour l’exécutif semblent être invariablement nos fleurons industriels historiques et notre institution dédiée à l’exploitation de la mer. Nous tenterons d’expliquer en quoi ces sociétés et ces institutions d’excellence ne sont pas forcément les plus à même de porter cette thématique.
  • Nous rappellerons dans cet article combien ce sujet mérite qu’on s’y attèle sous peine de passer totalement à côté. Pour nous compliquer la tâche, le champs lexical utilisé nous abuse souvent dans cette matière. Ainsi, des projets d’ « observatoires »  sont pris en exemple pour des travaux associés à l’immersion humaine alors qu’ils concernent des super-balises de surveillance et en aucune manière des bases de vie pour l’homme. On parle encore moins de station sous-marine nationale ou internationale destinée à recevoir une présence humaine de moyen ou long terme, comme on le fait pour l’espace et comme nous l’appelons de nos voeux.

Historique de nos actions

Lors de notre mission de janvier 2021, nous avons eu l’occasion de présenter cet éclairage à un certain nombre de personnalités parmi lesquelles Monsieur l’Ambassadeur des Océans rattaché au Ministère des affaires étrangères( dont nous avons reçu l’écoute encourageante), un Amiral ancien chef d’Etat-Major de la Marine, Mme la Présidente de la Fondation de la Mer, M. le conseiller scientifique de Mme la Ministre de la Mer avec lequel nous avons longuement échangé sur la question.

Pour mémoire, Au cours des années précédentes, nous avons porté notre action auprès de certains des membres du gouvernement polynésien, des institutions de recherches locales, du president fondateur du cluster maritime européen, de grandes entreprises nationales, de fondations de renom comme la fondation Albert2, auprès de Jacques Rougerie… la liste est très longue… Avec tous, nous avons échangé avec bienveillance, mais force a été de constater que beaucoup n’ont pas trouvé intérêt à supporter officiellement ce sujet et nos propositions.Tous, à l’exception de Jacques Rougerie, ont semble-t-il, du mal à appréhender le potentiel de cette thématique pour leur propre intérêt. Il semble que celle-ci leur soit difficile à porter, trop marquée du risque de se décrédibiliser, paraissant même fantaisiste à certains tant il est facile à nos détracteurs de résumer le sujet à un : 

« Vivre sous l’eau ? Mais pour quoi faire ? l’homme n’est pas fait pour ça ! Un point c’est tout ! »

L’étude de la vie humaine subaquatique est un sujet beaucoup plus riche qu’on l’imagine au premier abord. Il est complexe d’en extraire la vraie teneur en matière de communication et beaucoup plus consensuel de ramener le débat au  monitoring de l’océan par nos machines et de parler de préservation du milieu plutôt que de s’attaquer au sujet que nous défendons.

J’ai pris conscience de la mesure de cette distance que nos mentalités collectives ont pris avec cette ambition lorsqu’une de ces personnalités éminentes m’a gratifié d’une réflexion qui m’est apparue aussi symbolique sur le regard de beaucoup sur le sujet qu’illustrative d’une résignation irresponsable et navrante à élargir et éclairer nos savoirs sur la physiologie humaine. En se référant à l’exploit de l’équipe de Paul Allen et de leurs équipements robotisés pour recueillir les images du Titanic, il s’est énoncé :

” Mais mon cher Monsieur, vous voyez les prouesses que certains sont aujourd’hui capables d’accomplir, nous n’avons plus besoin d’aller sous la mer par nous même, les robots le font bien mieux que nous sans nous faire prendre aucun risque » et faisant écho à un grand Monsieur qui a pourtant beaucoup fait pour y contribuer en totale contradiction avec l’ensemble de son oeuvre, faute d’avoir pu concrétiser toutes ces idées, sans doute soucieux aujourd’hui que son image en pâtisse « j’ai acquis la conviction que l’homme n’est pas fait pour vivre sous la mer ! ». 

Pourquoi priver les futures générations de solutions alternatives dans tous les secteurs de la société ?

Faut-il comprendre que nous devrions renoncer à une aventure technologique qui a à peine débutée,  parce que dans un cas les robots pourraient remplacer  la présence humaine sous l’eau et que dans l’autre nous serions arrivés au bout de nos connaissances sur la question ?

Pourquoi abandonner l’océan à des robots et sacrifier un champs disciplinaire aux enjeux majeurs ?

Le recours à la robotique ne constituera jamais, comme nous le comprenons dans d’autres contextes, qu’un complément à la présence humaine. Elle n’est utile que pour des besoins d’observation du milieu et certaines tâches industrielles. La nature des recherches auxquelles ils participent n’est pourtant pas la seule à devoir être considérée comme on tente de nous l’imposer. Il n’y a pas que le milieu qu’il est important d’observer. L’observation de l’homme interagissant avec ce même milieu est un des champs expérimental tout aussi essentiel,  susceptible de retombées bien plus importantes au bénéfice de nos sociétés. C’est un sujet qui mérite que l’on s’y plonge pour en comprendre le potentiel. Il est tragique que la légèreté du jugement de certains  aveugle plutôt qu’elle n’éclaire nos dirigeants sur le sujet avec pour conséquence d’entrainer la décision d’évincer du scope d’intérêt de nos institutions cette dimension majeure qui devrait trôner parmi les champs disciplinaires majeurs de l’ entreprise scientifique globale à l’échelle de la puissante contrainte expérimentale primaire qu’elle représente.

Une question qu’on n’oserait pas aujourd’hui se poser pour l’espace.

Nous pouvons être heureux que ce ne soit pas les mêmes esprits qui eurent à arbitrer sur le renoncement ou la continuation des technologies qui nous sont aujourd’hui essentielles lorsque se sont présentés devant eux des obstacles technologiques.

VA-T-ON ABANDONNER LA RECHERCHE RELATIVE A l’IMMERSION HUMAINE EN LUI OPPOSANT LE CHOIX DU RECOURS A LA ROBOTIQUE ?

Cette posture d’opposition sous-tend que le seul intérêt de l’immersion serait de servir les intérêts des groupes industriels impliqués dans l’exploitation de nos ressources .Le champs disciplinaire de la recherche sur la vie humaine subaquatique est totalement balayé par ses détracteurs au motif qu’elle serait désormais inutile à nos industriels et nos institutions qui leur préfèrent les robots. Ce manque de discernement est renforcé par une volonté de maintenir un leadership sur tout les sujets liés au maritime quelqu’ils soient pour régner sur un secteur pantagruélique et en phagocyter tout les budgets.

Comme nous l’avons déjà dit et nous le constatons depuis une douzaine d’années que nous travaillons sur la question, certains sujets nécessitent plus qu’une approche superficielle pour dévoiler leur potentiel et il est évident que celui de la recherche relative à la vie humaine  en condition subaquatique en est un des exemples les plus prégnants.


Commentaires de la réponse du gouvernement dans le texte

Sur le constat : Complément historique

  • Pour mémoire, le détendeur de Cousteau a été co-inventé par un ingénieur  d’Air Liquide : Gagnan . C’est cette technologie qui permet à l’individu des immersions autonomes. Depuis, rien n’a vraiment été déployé.La technologie du recycleur, quant a elle, date du siècle précédent. Ces deux technologies ont été perfectionnées  à travers les équipementiers qui ont déployé des moyens de R&D marketing, mais depuis cette invention majeure, aucune autre innovation n’a permis encore de démocratiser l’accès au monde subaquatique au plus grand nombre
  • Beaucoup sont restés perclus des déceptions de la première étape de cette aventure technologique qui a débuté dans les années 50 et s’est terminée dans les années 70 confrontée à des seuils technologiques qui n’étaient pas dépassés alors et au dévoiement concomitant des financements industriels à l’origine de ces recherches au profit de la robotique. Nos institutions ont suivi le mouvement industriel pour définitivement abandonner la thématique de leur programme. Dans les années 70, l’Ifremer a cessé ses programmes d’études sur la physiologie de l’homme en immersion. Comme si nous ne pouvions imaginer encore évoluer et progresser dans ces domaines.

Sur l’implication de nos fleurons industriels sur le sujet :

  • L’industrie conduite par le groupe militaro industriel Naval Group a une excellente expertise de la construction subaquatique qu’elle met essentiellement au service de la marine. La France peut se targuer de pouvoir compter sur d’autres groupes d’excellence en matière d’exploitation des ressources sous-marines tels que Technip ou la Comex et aujourd’hui de nouvelles pépites comme Ix Blue ainsi que tout l’écosystème de start-up Marseillais Toulonnais Niçois et Bretagne Pays-de-Loire focalisé essentiellement sur le développement d’’équipements de monitoring du milieu, l’exploration et l’exploitation des grands fonds. Si ces groupes, leurs projets et leurs expertises sont des atouts de taille pour la France,  il faut rappeler que bien que ces ambitions paraissent connexes à notre proposition, elles sont pourtant de nature très différente. L’ingénierie qui est déployée dans la proposition de valeur de l’exploration de grands fonds est long terme  et nécessite des masses critiques importantes. Elle trouverait d’autres débouchés  à valeur de relais de croissance très efficients au travers de la proposition de valeurs que nous défendons qui apparait dans ce contexte très complémentaire.

L’ existence de pépites exclut-elle les initiatives mises en oeuvre pour en créer de nouvelles ?

  • La dimension à laquelle nous faisons référence a tous les attributs pour faire naître elle aussi rapidement une « pépite » nationale si elle pouvait s’appuyer sur un organisme référent et une volonté politique forte.

Confirmation de l’abandon de la thématique

  • Le ministère reconnaît que la dimension physiologie humaine  en condition de plongée pour laquelle la France avait une expertise reconnue dans le monde  entier a été abandonnée. Ce choix a permis le développement de l’ axe  « robotique »qu’il est important de continuer à supporter ,comme c’est le cas aujourd’hui ,mais  ce choix ne doit pas faire oublier l’individu. Individu qui apparait ,semble-t-il à leur yeux, se présenter en opposition à la robotique.
  • Il est important aujourd’hui de comprendre qu’il ne s’agit pas de considérer exclusivement  l’ »utilisation » de plongeurs  à des fins industrielles, mais de s’ouvrir la possibilité d’utiliser le milieu subaquatique naturel et/ou artificiel pour y déployer une nouvelle proposition de valeur, notamment dans l’espace proche. Il s’agit de déployer un axe de recherches et d’innovations indépendant qui constituerait un excellent vecteur de croissance complémentaire de l’axe robotique.

La contrainte expérimentale que constitue l’eau et l’adaptation de l’homme au milieu subaquatique est pourtant indispensable à la découverte de futures solutions alternatives aux défis de demain.

C’est de maintenir une présence humaine sous l’eau qui augmentera les chances de nos chercheurs de découvrir de nouveaux paradigmes dans la relation que l’humain entretien avec l’élement eau..

  • Il faut relever qu’il existe toujours d’excellents chercheurs en France ainsi qu’un pool médical d’excellence sur le sujet de la physiologie humaine et l’hyperbarie, mais les moyens qui y sont consacrés sont extrêmement faibles et ne peuvent se référer à aucun grand programme cadre de recherche. Beaucoup de ces projets ne sont pas axés sur des programmes humains de vie subaquatique et les simulateurs de plongées à sec comme il en existe pour l’espace ne peuvent remplacer l’expérimentation in situ et ne sont pas suffisants à eux seuls pour permettre de réelles avancées sur le sujet.

Sur les exemples mis en avant

Les projets franco-japonais de création d’un « observatoire » de surveillance en Nouvelle-Calédonie ciblent des habitats d’eaux profondes et un second projet vise , quant à lui, à la construction, à Mayotte, d’un observatoire sous-marin innovant …» : Attention de ne pas se faire abuser par le champs lexical !

  • Il faut se méfier de la sémantique. Ce sont des projets totalement hors-sujet de l’immersion humaine. Il s’agit comme nous l’avons déjà dit ,de bases de capteurs sous-marins dont la finalité est d’abonder notre panel d’outils de surveillance, pour l’un, des aléas sismiques au sein de laquelle il sera adjoint des grids de captures de toutes sortes dédiés au monitoring des caractéristiques physico-chimiques et biologiques du milieu. En gros, on peu résumer ce projet à une « super » balise qui contribuera à une très petite échelle à l’amélioration de nos connaissances pour un champs scientifique restreint. Rien à voir avec la dimension dont nous parlons et pour laquelle rien n’est à l’oeuvre. Les financements dont il est question sont suffisants pour répondre à leurs objectifs mais ne permettraient pas d’envisager la construction d’une véritable station d’observation accessible à l’homme.

Sur la pertinence du référant choisi sur ces questions

  • Ces deux exemples sont pilotés par l’IFREMER. Il apparait clairement à la lecture de cette réponse, comme je vous l’ai mis en exergue, l’influente prédominance  des pionniers de l’exploration sous-marine et de l’institut français de l’exploitation de la mer sur l’ensemble des questions qui touchent à la mer et dont la finalité, je le rappelle, se concentre statutairement à l’exploitation de ses resources, le pendant écologique en oeuvre depuis plusieurs années en son sein répondant à l’exigence de gestion de la ressource pour éviter son épuisement…C’est grâce à ces pionniers que nous pouvons aujourd’hui imaginer pouvoir déployer un axe supplémentaire et complémentaire dédié à un programme de vie humaine subaquatique. Cependant, on lit bien à travers ces lignes, qu’aux yeux du gouvernement, c’est la seule institution légitime à se prononcer sur toutes les questions ayant trait au maritime. Or, ce n’est pas un sujet spécifiquement maritime et bien qu’elle recèle des savoirs d’excellence sur la manière d’étudier le milieu et de le protéger, ce n’est pas la mieux armée pour répondre à ces questions ayant trait à l’humain en conditions d’ immersion, tant cette problématique nécessite de trans-disciplinarité et de pluralité d’intervenants. Leur position défendant une opposition robotique/individu ,présentée comme un choix définitif et presque indétrônable, illustre bien leur champs de compétences.
  • Comme nous le reprendrons plus bas, il n’aurait pas paru adapté de confier la création de l’agence spatiale à l’INRA, au CIRAD, au BRGM ou bien encore à DASSAULT ou AIRBUS pour faire le parallèle avec nos institutions et nos fleurons industriels maritimes. Un tel programme  de déploiement d’une agence, sur le modele de l’espace ,nécessiterait par conséquent, comme nous l’avons déjà développé, le leadership indépendant d’une organisation dédiée afin de coordonner et intégrer toutes ces compétences que la France a à offrir pour les déployer selon une stratégie ad hoc à la thématique de l’immersion et la vie humaine en condition subaquatique.

Développements

Sur l’opposition Immersion Humaine Vs Robotique :

Pourquoi opposer robotique et adaptation de la vie humaine en condition subaquatique ?

  • Ces sujets sont pourtant complémentaires.Il ne viendrait pas à l’idée, dans d’autres circonstances, sur terre ou dans l’espace, de remplacer complètement l’homme par les robots qui ne sont attachés qu’à des usages bien particuliers. La valeur du savoir que l’on peut retirer de l’étude de l’ adaptation de l’homme à un milieu est bien plus riche encore que sa valeur d’usage à des tâches industrielles. C’est pourtant à cette valeur d’utilité que semble se résumer la valeur humaine de nos détracteurs, considérant que, maintenant que l’homme est remplaçable dans ces tâches, on peut abandonner l’idée d’étudier sa capacité d’adaptation dans le milieu liquide ! Une aberration intellectuelle et un pied de nez aux fondements de la recherche malheureusement partagés par tous, plus tristement encore par des « spécialistes de la question » qui devant  la taille de l’obstacle de seuils  technologiques bloquants, dans les années soixante dix, ont renoncé à croire que nous pourrions évoluer dans notre relation au milieu. Comme si, après une période d’intérêt de 20 ans à peine,  tout était désormais connu, découvert, que plus rien ne pouvait évoluer ! Une aventure technologique tuée dans l’oeuf. Imaginez un peu où nous en serions si nous avions fait de même avec l’aviation, l’espace, la médecine, la pharmacologie, etc…

Alors, quel est l’intérêt ?

  • Ceux qui opposent la thématique de la robotique à celle de l’immersion humaine, répondent exclusivement à des intérêts industriels et militaires de court et moyen terme et les institutions y trouvent leur compte au travers des usages de ces matériels de monitoring sous-marins qui s’y inscrivent parfaitement. Ces groupes d’influences n’ont pas vocation à défendre une thématique qui ne concerne pas directement un outil industriel. Ils se focalisent sur leurs projets d’exploration et d’exploitation sous-marine et se mobilisent pour tenter de flécher tous les capitaux disponibles sur leur projet industriel qui exclue la dimension humaine de l’équation.

Pourquoi le thème de l’exploration de grands-fonds semble-t-il s’opposer à celui de la recherche sur l’adaptation de l’homme en condition subaquatique ?

  • Nous croyons, nous aussi, à ces projets essentiels au développement de nos connaissances du milieu mais, nous dénonçons l’absence d’une dimension consacrée à « la recherche relative à la vie et à l’immersion humaine en condition subaquatique » dans le rapport du CIMER de janvier 2021. Cette dimension apparait tout aussi essentielle. Elle est même complémentaire, non seulement à ces projets d’explorations ,mais aussi à d’autres champs disciplinaires médicaux, environnementaux, économiques.
  • Tous les acteurs du maritime, de nos institutions à nos grandes entreprises, auraient beaucoup à apporter à cette dimension. Ils sauraient très vite en tirer parti au gré du déploiement de la nouvelle filière en création, y trouver des relais de croissance inédits pour le déploiement de leurs technologies et leurs grands projets d’explorations des grands-fonds.

Les acteurs de référence actuels sur les questions des sciences océaniques et de l’industrie bleue sont- ils adaptés à la mise en oeuvre d’une telle initiative ?

De l’importance d’une juste définition des problématiques à traiter pour éviter que s’interfèrent des intérêts divergents au seul motif de conserver un statut ou ré-orienter un budget.

  • Il est un problème récurrent de confusion sémantique qui perturbe la perception du législateur, de l’exécutif et du grand public et qu’on retrouve dans la réponse du ministère de la mer pour illustrer le supposé investissement  de l’IFREMER dans des projets qu’elle coordonne en exemple à sa contribution au sujet relatif à l’immersion humaine bien qu’ils n’en soient pas : Les projets d’observatoires sous-marins. Il faut bien comprendre que ce sont en fait des projets de super- balises destinés à « monitorer » le milieu et en aucun cas destinés à devenir des bases de vie comme pourrait le laisser entendre le vocabulaire employé . De la même manière, quand il est fait référence à l’exploration et à l’exploitation des grands fonds marins, il est question de flottes de drones d’observations et de déploiements d’équipements d’exploitation robotisés.

Pourquoi faut-il envisager la création d’une nouvelle agence ex nihilo alors que nous avons à disposition des centres d’excellence qui paraissent compétents sur le sujet.

  • L’IFREMER ou d’autres institutions qui y sont associées sont en charge de missions spécifiques qu’elles mènent avec brio et excellence. Ces missions concernent :
  • L’ environnement et sa préservation.
  • L’environnement et son exploitation et les métiers qui y sont associés (marine, pêche, énergie renouvelable, exploitations pétrolières et minières).
  • La construction navale.
  • Le transport maritime.
  • On y observe le milieu, on tente d’en optimiser l’ exploitation des ressources, on en surveille les accès, on s’y déplace, on y construit.

L’observation de l’homme dans le milieu en est absente. A l’exception de sa contribution aux prémices de l’exploration sous-marine à destination des industries gazières et pétrolières qui a pris fin dans les années 70 au profit de la robotique, plus rien n’ a été fait dans ce sens.

  • Les fleurons industriels civils qui ont jadis servi cette cause sont concentrés sur  des stratégies industrielles de grands fonds et ne s’intéressent à la thématique que marginalement, pour entretenir un statut, sans y consacrer de moyens ni l’adosser à une stratégie de développement. Quant au fleuron de notre construction navale militaire qui aurait tant à apporter à cette cause, ce n’est pas son rôle de porter cette vision pour laquelle elle serait certainement un des plus important contributeur. Le déploiement de ses produits dans un chemin d’excellence couronné de succès ne laisse aucune place à cette vision.

Ces groupes d’influences n’ont pas vocation à défendre une thématique à laquelle ils pourraient pourtant concourir grandement. Focalisés sur leurs projets d’exploration et d’exploitation sous-marines, ils se mobilisent pour tenter de flécher tout les capitaux disponibles sur leur projet industriel qui exclut la dimension humaine de la recherche.

Il ne nous viendrait pas à l’idée de confier la création du Cnes ou de l’Agence Européenne de l’Espace, à l’INRA, au CIRAD ou au BRGM, à l’Institut du Pétrole, à l’Agence de l’Energie, à nos institutions responsables de l’exploitation de nos ressources terrestres, ni même à l’aviation civile ou à des entreprises telles qu’Airbus ou Dassault (le pendant de Naval Group dans l’aérien et le terrestre). Bien que tous puissent y contribuer, il est bien nécessaire d’avoir un organisme ad-hoc pour en contrôler la coordination. . On comprend bien la différence de traitement lorsqu’on s’attaque de manière globale à la question de la conquête d’un milieu, pourquoi ne le mettons en oeuvre pour l’espace subaquatique.

D’autres organismes ,de taille insignifiante en comparaison avec les institutions précitées, peuvent aussi se prévaloir d’une partie de cette culture: l’INPP , la société médicale de médecine hyperbare et L’ERRSO pour l’armée. Elle devront bien sûr être sollicitées pour leurs compétences en la matière aux cotés de nombreux autres acteurs.

Les acteurs à impliquer ne sont pas exclusivement issus de la sphère d’influence maritime, mais sont à rechercher aussi au-delà. 

  • Cette nouvelle agence aurait en charge de coordonner l’ensemble de l’intervention de ces acteurs à cette cause en y associant d’autres non spécifiques du maritime, spécialisés par secteurs comme des représentants de la recherche médicale et pharmacologique, des spécialistes de ce qu’on appelle « les nouvelles technologies » dans des spécialités de sciences « dures », intégrer les domaines des sciences humaines, créer un écosystème efficient pour déployer les bénéfices de ce champs disciplinaire au sein de la société. Elle aurait pour mission de créer l’ensemble de la filière de la recherche de tête à la R&D, de supporter et d’encadrer le développement des marchés, des métiers et des filières de formation et de sensibiliser tous les publics à ces enjeux.

Aucun organisme ne traite la problématique de manière globale et intégrée comme on le fait pour l’espace.

  • On ne peut s’affranchir de la création d’une entité de coordination ex nihilo pour intégrer ces différentes compétences maritimes aux cotés d’autres spécialités françaises pour mener en parallèle et de manière complémentaire des autres grands projets du maritime, les ambitions de la France en ce qui concerne la  présence humaine en milieu subaquatique.

Comment cette thématique pourrait-elle renouer avec une ambition nationale ?

  • Pour avoir l’espoir d’être adoptée et supportée par ces acteurs majeurs, il semble finalement que cette thématique doive, en premier lieu, se faire ré-approprier à l’échelon gouvernemental, au plus haut niveau de l’Etat, condition sine qua none à sa réhabilitation et au retour de sa légitimité à leur yeux vassaux.

Seule une déclaration explicite sur une prise de position de conviction sans nuance pourra redonner du crédit à cette vision. Car cette vision mérite d’être incarnée à nouveau.

Appel à la cause

Pourquoi est-il urgent de s’en préoccuper ?

  • Une course contre la montre est amorcée pour tenter de se ménager la possibilité d’aller se protéger ,sous l’eau, de problèmes atmosphériques, avant que le milieu ne soit plus en capacité de nous recevoir.

En Conclusion : Facteurs limitants à l’adhésion à la thématique

Si ce champs thématique peine à émerger, c’est parce qu’ il se confronte à deux types de détracteurs :

  1. ceux qui ne sont pas du tout au fait de ces sujets et sont abusés par un champs lexical confus et imprécis.
  2. ceux qui entretiennent cette confusion aux fins de défendre d’autres intérêts qu’ils doivent juger contradictoires.

Sources de ces confusions :

  • La définition administrative et politique générique des espaces subaquatiques : Elle ne distingue pas de nuances nettes et comprises de tous des différents espaces subaquatiques.

Les plongeurs font bien référence à des espaces prochesmédians et profonds et la terminologie administrative a bien intégré une définition de « la colonne d’eau « mais ces considérations ne sont retenues que par les spécialistes de la question et ne parviennent pas à interpeller les interlocuteurs qui ne se sentent pas directement concernés, encore moins le grand public.

  • Le champs sémantique imprécis du « maritime », de l’ »océanique » ou encore du « sous-marins » et on l’a vue plus haut de l’ « observatoire » autant de notions englobant de nombreux domaines qui n’ont que peu de points commun sinon de concerner l’espace aquatique et dans lequel notre thématique se noie.

Cette confusion sémantique permet aux groupes d’influences historiques, aux statuts et aux rentes, de phagocyter tout les sujets qui y font référence, centralisant toutes les décisions et en en flèchant tout les capitaux, laissant entendre aux non-initiés qu’ils regroupent toutes les expertises. Comme si certains revendiquaient une expertise « terrestre » sur toutes les questions s’y référant !

Si vous aussi, vous vous forgez peu à peu la conviction que ce champs disciplinaire est inexploité et totalement évité par nos instances dirigeantes au détriment des bénéfices qu’il pourrait apporter à la France, nous vous invitons à diffuser vos opinions au plus grand nombre.

Nous nous tenons à votre disposition pour échanger avec ceux qui le souhaitent dans le cadre de simples call  par video ou en présentiel pour des réunions d’informations plus étayées.

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